L’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) a allégé la fiscalité des revenus du patrimoine pour beaucoup de contribuables. Le PFU est un taux unique de 30 % s’appliquant notamment aux plus-values et dividendes perçus par les personnes physiques. Ce taux comprend les prélèvements sociaux (17,2 %) et un taux fixe (12,8 %) au titre de l’impôt sur le revenu. Cette petite révolution fiscale n’en est pas une pour les épargnants tirant partie de 2 enveloppes dont la fiscalité est encore plus intéressante que celle s’appliquant par défaut sur les revenus du patrimoine : l’assurance vie et le plan d’épargne en actions (PEA). Mais il n’est pas toujours aisé de savoir vers quelle enveloppe se tourner. Nous faisons le point dans ce nouvel article.

Quelles possibilités offrent ces 2 enveloppes ?

L’assurance vie et le plan d’épargne en actions sont des enveloppes capitalisantes. Pour le dire très simplement : les gains réalisés dans l’enveloppe peuvent être librement ré-investis, sans subir de ponction fiscale tant qu’ils restent dans l’enveloppe. Les enveloppes capitalisantes sont des outils très efficaces pour investir à long terme et profiter de l’effet boule de neige des intérêts composés.

L’assurance vie permet d’investir sur presque toutes les classes d’actifs existantes : des fonds monétaires, des fonds obligataires, des actions, des supports immobiliers, etc. En pratique, les investisseurs se tournent majoritairement vers les fonds euro. Ces fonds offrent une garantie sur le capital investi, et répondent parfaitement aux attentes d’une grande partie de la population en quête de placements sans risque. Les fonds euro représentent un peu moins de 80 % des encours en assurance vie. Le petit quart restant est investi en unités de compte. Les unités de compte regroupent tous les produits mentionnés plus haut (des fonds diversifiés, des fonds en actions, supports immobiliers, etc.). Un classement des meilleures assurances vie montre que les contrats en tête du podium proposent plusieurs centaines d’unités de compte.

Comme son nom l’indique, le plan d’épargne en actions (PEA) ne permet d’investir qu’en actions. Cette restriction va un peu plus loin encore puisque seules des sociétés européennes peuvent être logées dans le PEA (ou des fonds essentiellement composés d’actions européennes). Il peut s’agir de sociétés cotées ou non cotées. Petite précision supplémentaire : les sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC) ne sont pas éligibles au PEA. Cette exclusion s’explique en raison du fait que les SIIC bénéficient déjà d’un avantage fiscal au niveau de l’impôt sur les sociétés, donc le législateur a interdit la possibilité de cumuler cet avantage fiscal avec celui du PEA.

L’assurance vie est donc un produit beaucoup plus souple et polyvalent, ce qui explique d’ailleurs sa forte popularité, on compte près de 50 millions de contrats d’assurance vie contre à peine plus de 4 millions de PEA (il y avait plus de 7 millions au début des années 2000, la popularité de ce produit est en baisse).

Quels sont les avantages respectifs de ces 2 enveloppes ?

Nous l’avons écrit plus haut : l’assurance vie offre bien davantage de polyvalence en termes de classes d’actifs accessibles. Tout au long de sa vie, l’épargnant peut moduler son allocation au sein de l’assurance vie, réduire ou augmenter son exposition au risque. Cela sans sortir d’argent de l’enveloppe, il lui suffira d’arbitrer des fonds euro vers des placements plus dynamiques et inversement s’il souhaite sécuriser son épargne. Cela n’est pas possible avec le PEA puisqu’il n’est possible d’investir qu’en actions. Il y a bien une poche de liquidité en PEA, mais elle ne rapporte bien, ce n’est pas une solution de placement sécurisé durable. Le seul moyen de sécuriser tout ou partie des gains réalisés sur le PEA est de sortir ses gains du plan. Avez-vous un intérêt à ouvrir un PEA ? Qu’en est-il de la fiscalité des gains lors des retraits ?

Dans le cadre de l’assurance vie, l’épargnant peut réaliser des retraits à tout moment (on parle aussi de rachat partiel). Cependant, il devra attendre les 8 ans du contrat pour bénéficier d’un abattement de 4600 euros sur la part de plus-values lors de ces retraits. Avec le PEA, les choses sont un peu différente puisque tout retrait avant les 5 ans du contrat entraîne sa fermeture, et les plus-values sont alors imposées au PFU. En revanche, après 5 ans, l’épargnant peut réaliser des retraits et bénéficie d’une fiscalité réduite, les plus-values sont imposées à hauteur de 17,2 %.

Un épargnant peut détenir plusieurs assurances vie, les versements ne sont pas limités. En revanche, un seul PEA par personne est autorisé, et les versements sont plafonnés à 150 000 euros (l’encours n’est pas limité et peut atteindre plusieurs millions d’euros en cas d’investissement fructueux).

Un avantage en faveur du PEA est l’absence de frais de gestion. En assurance vie, les unités de compte occasionnent des frais de gestion de l’ordre de 0,60 % par an pour les bons contrats (1 % pour les moins bons).

Synthèse

L’assurance vie et le PEA sont 2 dispositifs très intéressants pour faire fructifier son patrimoine. L’assurance est plus souple et plus polyvalente (possibilité de loger un grand nombre de classes d’actifs, versements non limités) mais le PEA présente également des atouts forts pour gérer ses placements en actions (pas de frais de gestion, fiscalité à taux réduit sans plafond). Les épargnants auront intérêt à utiliser les 2 enveloppes pour gérer leur patrimoine. Il est conseillé d’ouvrir ces enveloppes sans attendre afin de bénéficier le plus tôt possible des avantages fiscaux dont elles bénéficient.

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